Peter Pan délavé
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Cet article est issu du numéro 8 de Philosophie magazine « 8 - avril 2007 », en kiosque le 27 mars 2007. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Dans une chambre londonienne, Wendy qui devient une grande fille passe sa dernière nuit avec ses jeunes frères. Mais Peter Pan, l’enfant éternel, la soustrait à cette fatalité grâce à un voyage baroque au permissif Pays imaginaire...
Ce grand classique de Walt Disney issu du récit plus névrosé de James Matthew Barrie (1911) enchante par ses paysages féeriques et sa galerie de personnages tout en illustrant le combat philosophique de l’imaginaire face au réel, de l’idéalisme face au matérialisme. Peter Pan nous met surtout aux prises avec un monde de l’enfance, en apparence innocent, mais qui entremêle le bien et le mal, chez Barrie comme chez Disney : l’enfance n’est donc pas le lieu de la pureté sucrée mais de la noirceur. Tout du moins, d’une certaine complexité. Du gamin antipathique par moments, qui frise le dictateur égocentrique, au petit « pervers polymorphe » célébré par Freud, il n’y a qu’un pas. L’enfant tirerait donc des différentes parties de son corps des satisfactions sexuelles ? Ce n’est pas la fée Clochette voulant à tout prix vamper Peter qui nous contredira.