Pionnier de la pédagogie
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Cet article est issu du numéro 80 de Philosophie magazine « 80 - juin 2014 », en kiosque le 28 mai 2014. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Attaqué, condamné, brûlé, l’“Émile” a néanmoins permis de penser l’éducation comme authentique question philosophique et a permis d’affirmer la notion d’individu.
Condamné par la Sorbonne et le Parlement de Paris, brûlé sur la place publique, mis à l’Index par le Vatican… Dès sa parution en 1762, Émile ou de l’éducation a soulevé les passions. Pourquoi une telle campagne contre l’ouvrage ? Il comporte notamment un texte, « La profession de foi du vicaire savoyard », qui accuse les églises officielles de « dégrader Dieu »… À la base, Rousseau entend dans l’Émile proposer « les rêveries d’un visionnaire sur l’éducation ». Se faisant gouverneur idéal, il se donne un « élève imaginaire », orphelin et noble – Émile, donc. Il sera éduqué du berceau jusqu’au moment où, devenu homme, il n’aura « plus besoin d’autre guide que de lui-même ». Rousseau traite d’abord de la période de bas âge (livre I) en n’omettant aucun détail, du choix de la nourrice à la température idéale du bain. Vient ensuite l’âge où Émile commence à parler et où ses sens et sa raison se développent (2-12 ans ; livre II), « l’âge de la force » où l’adolescent croît « plus vite que ses besoins » (12-15 ans ; livre III), le « moment critique » de la puberté, dompté par une éducation morale et religieuse (livre IV) ; enfin, dans le livre V, Rousseau dresse le portrait de la vertueuse Sophie, qui deviendra la femme d’Émile – leur mariage conclut le livre.