Kézako
“Plagiat zombie” : quand des plagiaires avérés continuent d’être encensés
© dane_mark/iStockphoto
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Pas si grave, le plagiat en philosophie ? En théorie, il est effectivement vilipendé. Mais en pratique… pas forcément. La mise au jour de la fraude n’empêche pas certaines grandes figures de continuer à être abondamment citées. Le philosophe américain Justin Weinberg parle à ce sujet de « plagiat zombie » (zombie plagiarism). Explications.
« Certains articles de philosophie ont beau être dévoilés comme contenant du matériel plagié, être accompagnés de notes éditoriales indiquant le plagiat ou même être retirés, peu importe […], ils continuent à être cités dans la littérature et à influencer le cours de la recherche. » C’est ce phénomène que Justin Weinberg a choisi de désigner par un nom évocateur dans un billet récemment publié sur le site spécialisé en philosophie dont il est l’éditeur, Daily Nous : « plagiarisme zombie » (zombie plagiarism).
Acceptation tacite du plagiat
L’idée lui est venue après la lecture d’un autre article, publié par le philosophe américain Michael V. Dougherty, « After “40 Cases”. The Downstream Citation of Plagiarizing Articles in Medieval and Early Modern Philosophy Research ». En 2010, Dougherty et quelques collègues publient un premier article, « 40 Cases of Plagiarism », où ils recensent de nombreux exemples de plagiat commis par l’éminent spécialiste de la philosophie médiévale et renaissante Martin W.F. Stone. Treize ans plus tard, l’enseignant à la Ohio Dominican University a décidé d’enquêter plus longuement pour savoir si la révélation de ces plagiats avait changé quelque chose.