Position philosophique 3. Les migrants, un atout pour l’économie et la démographie

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Cet article est issu du numéro 94 de Philosophie magazine « La nature a-t-elle toujours raison ? », en kiosque le 22 octobre 2015. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Les tenants des “open borders” justifient l’immigration par des arguments conséquentialistes, en soulignant ses bienfaits pour l’économie ou la démographie.

«La libre mobilité du travail requiert l’ouverture des frontières»

Joseph Carens

Les migrants pourraient ralentir le vieillissement des populations, combler les pénuries de main-d’œuvre, dynamiser l’économie. Selon Joseph Carens, la plupart des économistes, classiques ou néoclassiques, « jugent que la libre mobilité du capital et du travail est indispensable à la maximisation des gains économiques dans leur ensemble. Or, la libre mobilité du travail requiert l’ouverture des frontières » (« Étrangers et citoyens : un plaidoyer en faveur de l’ouverture des frontières », Raisons politiques, 2007/2, n° 26). La philosophe Speranta Dumitru précise l’argument : « l’ouverture des frontières (1) augmente la croissance mondiale ; (2) est un moyen d’éradiquer la pauvreté mondiale et (3) ne diminue pas les salaires des pauvres des pays riches ». Emmanuelle Auriol, de l’École d’économie de Toulouse, va plus loin et préconise un marché transparent pour le droit au séjour : au lieu d’enrichir les passeurs, mieux vaudrait « vendre des visas aux gens qui souhaitent travailler chez nous » (Libération, 21 avril 2015). Cette transparence désarmerait la xénophobie des populations d’accueil.

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