« Pour la femme […], l’amour est une totale démission au profit d’un maître. »
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Cet article est issu du numéro 57 de Philosophie magazine « 57 - mars 2012 », en kiosque le 23 février 2012. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Simone de Beauvoir, Le Deuxième Sexe (1949)
La femme recherche dans l’amant le supplément à l’être défaillant que son éducation et la société ont fait d’elle. Bien que nulle essence féminine ne soit pour Beauvoir responsable de cet état de fait, la pente de la compromission est aussi douce qu’humaine : il est bien plus facile pour la femme de remettre son sort entre les mains d’un homme que d’épuiser ses forces dans l’espoir d’exercer une souveraineté dont on l’a convaincue qu’elle était incapable. Existentialiste, Beauvoir pensait comme Sartre qu’un être n’est rien d’autre que ce qu’il fait et décide de faire. Si l’existence de l’homme est ainsi déterminée par l’essence qu’il se choisit, Beauvoir montre dans Le Deuxième Sexe qu’il n’en est rien pour la femme. L’« éternel féminin » précède en effet petites et jeunes filles qui grandissent en apprenant que leur lot est d’être pour autrui et que leur existence, contingente, trouve sa nécessité dans une autorité virile – celle du père puis celle du mari.