Pourquoi donnons-nous aux pauvres ?
© Séverine Scaglia
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Cet article est issu du numéro 129 de Philosophie magazine « À la recherche de l’esprit européen », en kiosque le 20 avril 2019. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Que vous vous réjouissiez d’avoir donné une pièce au clochard en bas de chez vous ou que vous vous reprochiez d’avoir laissé vos sous au fond de vos poches, ces quatre philosophes vous diront pourquoi il faut (ou pas) faire l’aumône.
Pour être heureux en faisant le bien
Aristote (IVe siècle av. J.-C.)
C’est étrange, mais on se sent souvent mieux après avoir donné une pièce à un mendiant. Pour Aristote, cela tient au fait que le bien et le bonheur ne sont pas dissociés : qui fait le bien est heureux et qui est heureux fait le bien. Dois-je alors distribuer tout mon argent aux plus démunis ? Bien sûr que non ! Comme dans chaque situation, il convient d’appliquer la juste mesure, le juste milieu. Or, écrit Aristote dans l’Éthique à Nicomaque, « la libéralité est un milieu en ce qui touche l’action de donner et d’acquérir de l’argent : l’homme libéral, à la fois donnera et dépensera pour les choses qui conviennent et dans la mesure qu’il faut ». Gardons-nous donc de donner trop, ou trop peu.