Politique

Pourquoi Lyon est-elle un refuge de l’ultradroite ?

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Pourquoi Lyon est-elle un refuge de l’ultradroite ?

Lyon (69), le 12 septembre 2020. Une centaine de militants identitaires manifeste devant le palais de justice contre l'insécurité dans les rues de la ville. © Robert Deyrail/Gamma-Rapho

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La troisième ville de France est très associée aux mouvements identitaires radicaux et violents. Mais pourquoi et comment Lyon est-elle devenue le bastion de l’ultradroite ? Nous avons mené l’enquête.



On passe rarement rue de la Loge, dans le Vieux-Lyon. On s’y enfonce pour quelques musées ou pour contourner la rue Saint-Jean quand elle est saturée de touristes. Ici, « au creux des rues d’ombre de la vieille cité, là où le jour reste pincé entre les toits », comme l’écrivait Céline, on trouvait naguère un pub irlandais. Il y a quelques années encore, quand on en sortait, au fin fond de cette rue, vers les marches qui grimpent sur la colline de Fourvière, on voyait parfois des excités ameutés devant un petit local, La Traboule, un bar associatif où « Génération identitaire » a élu domicile en 2011. Depuis, le mouvement a été dissous mais tout a empiré. Au point que, fin de l’année dernière, plusieurs médias nationaux ont dépêché leurs journalistes sur place pour documenter « la présence oppressante de l’ultradroite » dans le quartier et plus généralement l’emprise des « radicaux » sur la ville. Selon les estimations, on en compte entre 400 et 500, soit « beaucoup plus qu’à Paris en proportion », note Alain Chevarin, auteur de Lyon et ses extrêmes droites (La Lanterne, 2020), cité par Le Monde.

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Cela fait déjà plus de dix ans que le média local Rue89Lyon documente avec minutie le développement de cette galaxie de groupes d’extrême droite. Et il faut dire que les archives donnent le tournis. La ville est le centre névralgique du groupe Les Remparts – héritiers de Génération identitaire –, des Jeunesses nationalistes – la branche jeunesse de l’ancienne organisation ultranationaliste l’Œuvre française –, du GUD, devenu le Bastion social, recyclé en Lyon populaire puis Audace Lyon, mais aussi du groupe informel Guignol Squad, né au début du mouvement des Gilets jaunes et réactivé au moment du passe sanitaire. Historiquement, ces mouvements ont des rapports très ambivalents avec les partis politiques installés. Ils ne sont pas toujours liés et sont surtout très différents les uns des autres, sur le fond et la forme : certains sont révolutionnaires (Lyon populaire), violents (GUD, Les Remparts, Guignol Squad, etc.), d’autres sont liés au milieu intellectuel universitaire (le Grece, de la Nouvelle Droite). On retrouve des catholiques royalistes (l’Action française), des identitaires (Génération identitaire), des ultranationalistes (l’Œuvre française) ou des pan-européens (Synergies européennes).

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