Divergences
Pourquoi sommes-nous friands de ragots ?
© Séverine Scaglia pour PM
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Cet article est issu du numéro 159 de Philosophie magazine « Qu’est-ce qui nous rend courageux ? », en kiosque le 05 mai 2022. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Entre amis ou au bureau, avouons-le, nous raffolons des potins ! Qu’est-ce que ces commérages disent de nous ? Venez jaser avec quatre philosophes.
Par joie mauvaise / Plutarque (v. 50-125)
La curiosité est un vilain défaut, surtout lorsqu’elle se nourrit du malheur des autres. C’est en tout cas l’avis du Grec Plutarque qui ne voit dans les commérages qu’un appétit pour les drames de la vie d’autrui. Les ragots que l’on échange n’ont pas pour but de partager des nouvelles heureuses mais plutôt de « raconter qu’une fille a été séduite, qu’une femme a trompé son mari, qu’on prépare un procès, que des frères se sont brouillés ». Toutes ces peines font pourtant partie de notre jardin secret et elles n’ont pas vocation à être révélées sur la place publique. Les ragots, bien loin d’être un simple bavardage, sont donc l’expression d’une véritable maladie, qu’il nomme « la joie du chagrin des autres ». Mêlez-vous de ce qui vous regarde !