Décryptage

“Prouve-moi que j’ai tort !” Comment déjouer ce stratagème rhétorique… et complotiste ?

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“Prouve-moi que j’ai tort !” Comment déjouer ce stratagème rhétorique… et complotiste ?

National Harbor, Maryland (États-Unis), le 26 février 2015. De g. à dr. : Raffi Williams, attaché de presse adjoint du Comité national républicain ; Mia Love, représentante républicaine de l’Utah ; Charlie Kirk, militant de Turning Point USA, et Ben Sasse, sénateur républicain du Nebraska, participent à une table ronde lors de la Conservative Political Action Conference (CPAC). © Carolyn Kaster/AP Photo/Sipa

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« Prove me I’m wrong ! » (« prouve-moi que j’ai tort ! »). C’était le mantra de Charlie Kirk, l’influenceur d’extrême droite assassiné aux États-Unis la semaine dernière. Mais c’est aussi un des stratagèmes les plus anciens de la rhétorique. D’où vient son efficacité rhétorique ? Et comment le contrer, si tant est qu’on le puisse ? Le philosophe Nicolas Tenaillon, auteur de L’Art d’avoir toujours raison (sans peine), nous livre son analyse et ses conseils de riposte. 


La force du « prove me wrong ! » – la petite phrase que Charlie Kirk répétait à l’envi face à ses contradicteurs – est d’abord psychologique, car c’est une formule injonctive qui défie celui ou celle à qui elle s’adresse. Elle oblige le contradicteur, placé sur la défensive, à trouver des arguments pour emporter le débat alors qu’il ne s’y attendait pas. Il s’agit donc d’un « retournement de la charge de la preuve » (shifting the burden of proof), ou « preuve par défaut », stratagème que la rhétorique antique classait sous le nom d’argumentum ad ignorantiam parce qu’il jouait sur la vraisemblable ignorance de l’interlocuteur. 

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