Technologie
Quand un cerveau créé en laboratoire se prend pour un papillon : “Matrix” en passe de devenir réel ?
Capture d’écran vidéo. © FinalSpark
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Une start-up suisse vient de concevoir un mini-cerveau en laboratoire avant de le relier à une interface informatique lui donnant, à l’écran, l’apparence d’un papillon volant sans qu’aucun humain ne le dirige. Une réalisation qui remet en cause les barrières entre réel et virtuel, ainsi que notre conception de la conscience.
Sur l’écran, un papillon modélisé comme dans un jeu vidéo bat élégamment des ailes. Sa spécificité ? Il n’est pas commandé par un joueur derrière sa manette, mais par un amas de cellules cérébrales : un cerveau artificiel, créé en laboratoire. L’expérience a été menée il y a peu par la start-up suisse FinalSpark et bouscule nos certitudes sur la conscience humaine et la nature de nos expériences sensorielles.
Il a d’abord fallu développer, à partir de cellules pluripotentes humaines, des « organoïdes » – sorte de mini-cerveaux cultivés en laboratoire et maintenus en vie dans un milieu nutritif, au sein d’un incubateur à 37 °C. Ces cerveaux créés ex nihilo ont ensuite été reliés à une interface informatique par « un réseau d’électrodes et de simulations chimiques », assurant une communication des signaux électriques à double sens. L’interface numérique pouvait transmettre aux mini-cerveaux les stimulis (« inputs ») et traduire leurs réponses (« outputs »). Dans un premier temps, le papillon volète de manière aléatoire. Les chercheurs ont alors entrepris d’apprendre au cerveau à se diriger, ou à diriger le papillon, en direction des clics effectués dans son champ virtuel de vision par l’opérateur humain.
La première interaction entre un cerveau développé en laboratoire et une machine par la start-up suisse FinalSpark résumée en vidéo.
« Ce qui rend ce papillon extraordinaire, c’est qu’il est contrôlé par un mini-cerveau élevé en laboratoire, composé de 10 000 neurones et connecté à Internet ! commentent les auteurs de l’étude dans cette vidéo. C’est comme si ce cerveau lui-même vivait dans ce monde virtuel. » Ils estiment avoir réussi, à petite échelle, ce que le film Matrix met en scène, à savoir la possibilité pour un cerveau humain, à composante biologique, d’évoluer dans un univers informatique, effaçant les barrières communément admises entre monde réel et monde virtuel.