“On change d'ère ?” / Nos grandes questions

À quoi rêve-t-on à 20 ans ?

Temps de lecture : 4 min

À quoi rêve-t-on à 20 ans ?

Claire Marin et ses élèves. ©Xavier Schwebel pour Philosophie Magazine

Cet article est réservé aux abonnés.

Cet article est issu du numéro 200 de Philosophie magazine « On change d'ère ? “Philosophie magazine” a 20 ans ! », en kiosque le 04 juin 2026. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Pour répondre à cette question, j’ai fait appel à Claire Marin, qui m’a amicalement ouvert les portes de sa classe. Car la philosophe n’est pas seulement l’autrice du best-seller Rupture(s), ni la théoricienne des « débuts ». Elle est aussi professeure en classes préparatoires aux grandes écoles, une expérience auprès des jeunes dont elle a témoigné dans La Relève (2018).

 Je la retrouve au lycée international Honoré-de-Balzac, à Paris. J’ai mis dans mon sac le premier numéro du magazine. « Je vois sur la couverture un homme avec un casque de réalité virtuelle », note l’un des étudiants. Il s’agit d’une photo de Philippe Ramette prise en 2004. Je les laisse poursuivre. Tous ne prendront pas la parole, même ceux qui sont habituellement loquaces, s’étonne Claire Marin. Cette expérience me rappelle la mise en garde de Pierre Bourdieu : la capacité à se projeter dans l’avenir dépend d’un capital culturel et économique, mais aussi des autorisations qui sont données de les formuler. Certains m’écriront ensuite par mail, pour exprimer que ce qu’ils n’ont pas dit à l’oral. Je retranscris ici un florilège de leurs interventions, en les remerciant de la confiance qu’ils m’ont accordée.

Claire Marin (assise au centre)  entourée de ses élèves du lycée international Honoré-de-Balzac, à Paris.

Claire Marin (assise au centre) entourée de ses élèves du lycée international Honoré-de-Balzac, à Paris. © Xavier Schwebel pour Philosophie magazine.


L’IA et eux

« Sans envisager un monde entièrement virtuel, on utilise tous Internet, et c’est déjà un autre monde, où on fait des achats, on communique, on s’instruit. On vit déjà dans plusieurs mondes. »

« On a l’illusion que le progrès technique appartient à tout le monde et à personne. Mais il dépend des entreprises qui ont la main dessus. Nous vivons dans un monde des extrêmes, où l’excellence de l’outil numérique nous menace. L’intelligence artificielle est un excellent outil mais un très mauvais maître. »

Cet article est réservé aux abonnés