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Récession sexuelle : les jeunes s’éloignent-ils du sexe ?

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Cet article est issu du numéro 126 de Philosophie magazine « Qu’est-ce qu’une saine colère ? », en kiosque le 10 janvier 2019. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Il n’a jamais été aussi facile d’avoir des rapports sexuels : les applications de rencontre permettent de nouer des relations occasionnelles et concluantes, la culture pornographique se déverse sur Internet en déniaisant de plus en plus tôt les adolescents, les relations sans engagement se multiplient, l’homosexualité est reconnue, les pratiques jadis taboues, du sexe anal au BDSM, se généralisent… À l’âge du libre accès, tout est ainsi en place pour qu’il y ait plus de sexe. Et pourtant, une série d’études parues aux États-Unis montrent le contraire, particulièrement chez les jeunes. Deux enquêtes publiées dans les Archives of Sexual Behaviour montrent que l’inactivité sexuelle chez les jeunes adultes de 20 à 24 ans - les Millennials – a doublé par rapport à leurs aînés, nés dans les années 1970. Fort de ces éléments, le journal The Atlantic émet l’hypothèse d’une récession sexuelle. Parmi les causes du phénomène : les jeunes vivent de plus en plus tard chez leurs parents (30 % des - de 35 ans) et se mettent en couple moins souvent et plus tard (60 % des - de 35 ans vivent sans partenaire) ; la culture pornographique rend la masturbation devant les écrans moins « coûteuse » socialement, mais elle transmet des schémas sexuels parfois dégradants ; l’effet de mouvements comme #Metoo inhiberait les usages de la séduction. Enfin, les applications de rencontre, chronophages et peu « concluantes », ne bénéficieraient qu’aux mieux lotis physiquement tout en privant l’espace de la drague de son ambivalence. À suivre The Atlantic, la tendance serait observable en Grande-Bretagne, en Australie et au Japon… 

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