Société/Travail

Réforme de l’assurance-chômage, le pouvoir d’un mythe ?

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Réforme de l’assurance-chômage, le pouvoir d’un mythe ?

© Julien De Rosa/AFP

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Cet article est issu du numéro 179 de Philosophie magazine « Sexe. Où est-ce que ça coince ? », en kiosque le 25 avril 2024. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Le gouvernement entend réformer à nouveau le système d’assurance-chômage afin d’inciter les demandeurs d’emplois à chercher du travail. Est-ce efficace ? Objectivement, difficile à dire. Politiquement, peut-être.

 

« Mon objectif, […] c’est de faire bouger un système pour inciter davantage à la reprise d’emploi », déclarait le Premier ministre fin mars sur TF1 [photo]. Gabriel Attal défendait son projet de réforme de l’assurance-chômage, avançant notamment la possibilité de réduire la durée d’indemnisation… ceci alors que les effets des nombreuses réformes engagées entre 2019 et 2023 n’ont pas encore été évalués. Dans une note révélée par Mediapart, le ministère du Travail jugeait d’ailleurs « peu opportun » de durcir les règles sans cette évaluation préalable. Alors, pourquoi redoubler la pression ? Lors d’une conférence de presse le 3 avril, la porte-parole du gouvernement Prisca Thévenot était en peine pour justifier la corrélation entre le durcissement des conditions d’accès au chômage et le fait de retrouver un emploi, sinon en invoquant le « bon sens ». C’est, comme le souligne un collectif de sociologues dans Chômeurs, vos papiers ! (Raisons d’agir, 2023), que l’efficacité de « la politique de contrôle » relève plutôt de « la croyance ». Selon eux, « les discours sur les effets des contrôles et des sanctions sont aussi pléthoriques que les statistiques permettant de les étayer sont rares ». 

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