Politique
Quelles sont les sources philosophiques du nouveau Premier ministre Gabriel Attal ?
Le nouveau Premier ministre Gabriel Attal et la Première ministre sortante Élisabeth Borne lors de la cérémonie de passation des pouvoirs à l'hôtel Matignon à Paris, le 9 janvier 2024. © Jacques Witt/Sipa
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Emmanuel Macron a choisi de nommer Gabriel Attal au poste de Premier ministre. Après un bref passage au ministère de l’Éducation nationale, le nouveau chef du gouvernement fait figure de jeune premier, macroniste devant l’éternel. Qui est-il réellement ? Quelle est sa culture politique, d’où vient-il – et où va-t-il ?
Nommé à Matignon après la démission d’Élisabeth Borne, Gabriel Attal devient, à 34 ans, le plus jeune Premier ministre de la Ve République. En propulsant son ancien ministre de l’Éducation nationale à la tête de son futur gouvernement, le président de la République, impopulaire, a fait le choix de constituer un tandem avec l’une des personnalités politiques préférées des Français dans une période de crise politique. Qui est donc ce jeune fidèle, qui a gravi les échelons à vitesse grand V ?
De la « deuxième gauche » au macronisme
Gabriel Attal est né en 1989 au sein d’une famille aisée. Son père – décédé en 2015 – était un producteur de cinéma d’origine juive tunisienne et sa mère, chrétienne orthodoxe, descendante d’une famille de Russes blancs, est salariée d’une société de production. Il a effectué sa scolarité au sein de la prestigieuse École alsacienne, dans le VIe arrondissement de Paris, avant d’intégrer Sciences-Po. Son engagement politique se fait au tournant de l’année 2006, lorsqu’il participe au mouvement contre le contrat première embauche (CPE) de Dominique de Villepin, avant de rejoindre le Parti socialiste (PS). Jeune militant, il apporte son soutien à Ségolène Royal dans le cadre de la campagne présidentielle de 2007. Il est d’emblée proche du clan de Dominique Strauss-Kahn, inscrivant sa démarche dans la culture politique de ce qu’on appelle la « deuxième gauche », du nom de cette mouvance, héritée de Michel Rocard, entendant rompre avec l’héritage marxiste et jacobin de la gauche française au profit d’une conciliation avec le libéralisme.