Revue de presse

Refuser l’intervention en Libye

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Cet article est issu du numéro 49 de Philosophie magazine « 49 - mai 2011 », en kiosque le 27 avril 2011. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

« Il y a tant de choses qui ne vont pas dans l’intervention en Libye qu’on ne sait par où commencer. Primo, son but est tout sauf clair. S’agit-il de sauver une rébellion chancelante, de demander aux armées occidentales de faire ce que les rebelles ne peuvent faire par eux-mêmes : renverser Kadhafi ? Ou seulement de maintenir le combat aussi longtemps qu’il faudra avec l’espoir qu’un jour ou l’autre, les Libyens se débarrasseront eux-mêmes du régime ? […] Secundo, les attaques ne bénéficient pas […] d’un appui massif du monde arabe. Aucun soutien en provenance d’Égypte ou de Tunisie […]. Tertio, l’opposition au Conseil de sécurité ne s’est pas limitée à la Chine et à la Russie. […] Rien de tout cela n’aurait d’importance s’il s’agissait d’une intervention humanitaire pour éviter un massacre. Mais ce n’est pas ce qui se passe en Libye. Il y aurait eu une cruelle répression après la victoire de Kadhafi […] et la contempler n’aurait pas été facile (encore que le problème ne semble guère se poser à propos de Bahreïn ou du Yémen). […] L’attaque n’est défendable que dans le cas le plus extrême. Le Rwanda et le Darfour, où nous ne sommes pas intervenus, répondaient à ce critère. La Libye, non. »

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