Verbatim

Robert McLiam Wilson : “J’ai une poussée d’agliophobie, dextrophobie, théophobie…”

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Robert McLiam Wilson en 2007

Robert McLiam Wilson en 2007. © Ulf Andersen/Aurimages via AFP

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Cet article est issu du numéro 34 de Philosophie magazine « 34 - novembre 2009 », en kiosque le 29 octobre 2009. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Robert McLiam Wilson, génial écrivain irlandais, n’a plus rien publié depuis… 1996. Paralysé par la peur ? C’est ce qu’il suggère dans le témoignage inquiétant qu’il a lu aux Assises internationales du roman, en 2007 à Lyon.

 

« La peur règne en ce monde. Ce n’est pas un hasard si presque toute la violence politique mondiale a désormais pour nom terrorisme. Ce truc est supposé vous faire peur. C’est le monde du 11 Septembre, des attentats suicide, des armes biologiques dans le métro. C’est le parc à thèmes de la ricine. La peur est la réaction naturelle et appropriée au fait d’être en vie et absolument moderne. Nous sommes tous dans la salle de panique. La peur, c’est la politique et la culture. L’économie et la religion. La peur est tout. Et partout.

Et nous sommes là pour vous aider.

Avoir une trouille bleue, c’est comme vivre dans une ville étrangère où l’on ne parle pas leur langue et où ils n’ont même pas entendu parler de la vôtre. L’échange le plus simple relève de l’exploit. Acheter un bout de fromage nécessite des mois de préparatifs et tout, avec une facilité déconcertante, peut aller de travers.

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