Roger Scruton : “Le vin propage ses rêves en nous”

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Roger Scruton : “Le vin propage ses rêves en nous”

(cc) Unsplash / Terry Vlisidis

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Cet article est issu du numéro 50 de Philosophie magazine « 50 - juin 2011 », en kiosque le 25 mai 2011. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Le philosophe britannique Roger Scruton est surtout connu outre-Manche pour ses éloges du conservatisme politique et de l’opéra. Mais depuis qu’il a quitté la ville pour la campagne, il est devenu un impeccable défenseur de l’ivresse bio.

« Le vin a une âme, qui lui a été insufflée par la terre, le soleil et le labeur. C’est un symbole de la sédentarisation, un breuvage qui vit d’année en année et se souvient. Pour les Anciens, le vin était l’œuvre d’un dieu qui donnait au raisin des pouvoirs spirituels. Nous n’y croyons plus, mais nous percevons encore le sens religieux du vin en ce qu’il métamorphose l’âme de celui qui en boit et l’amène à une perception plus aiguë. Le vin offre un aperçu du monde sub specie aeternitatis [“sous forme d’éternité”] dans lequel les bonnes choses révèlent leur valeur. C’est ce sens qu’a le vin dans l’eucharistie chrétienne, ainsi que dans de nombreuses cérémonies séculières. Boire du vin, c’est célébrer l’autre, parce qu’à travers un verre de vin, il est transfiguré : c’est alors son essence qui se manifeste.

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