Les clés d’un classique
Rousseau, seul contre tous ?
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Cet article est issu du numéro 180 de Philosophie magazine « Comment savoir quand on a raison ? », en kiosque le 30 mai 2024. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Figure incontournable du siècle des Lumières, Rousseau a bien connu certains de ses représentants. Mais il s’est fâché avec la plupart d’entre eux. Qui étaient ses vrais amis et ses ennemis jurés ? Voici la carte de ses relations intimes et publiques.
La famille
Le père / Isaac Rousseau (1672-1747)
Ayant perdu sa mère juste après sa naissance, Jean-Jacques est élevé par son père Isaac, horloger genevois. Ensemble ils lisent en pleurant les écrits laissés par la mère disparue et partagent la passion des livres. Mais Isaac doit quitter la ville après une dispute avec un officier français, laissant le garçon de 10 ans chez son beau-frère. Il s’installe à Nyon et se remarie. Les liens se distendent avec ce père aimant mais négligent. Lorsqu’il lui rend visite de temps en temps, Rousseau sent qu’il gêne.
« Maman » et maîtresse / Françoise-Louise de Warens (1699-1762)
Jean-Jacques n’a que 15 ans lorsqu’il rencontre à Annecy son premier grand amour, qu’il appellera toujours « Maman ». Cette femme, à la fois espionne, fondatrice de manufactures et de domaines agricoles, passionnée de plantes médicinales, est l’héroïne des premiers livres des Confessions. Avec son « visage pétri de grâces, de beaux yeux bleus pleins de douceur, un teint éblouissant, le contour d’une gorge enchanteresse », elle assure son éducation, avant de devenir sa maîtresse dans un singulier ménage à trois. Après une relation de presque quatorze ans, elle inspire l’héroïne de La Nouvelle Héloïse. C’est elle qui a fait connaître le bonheur au jeune homme.