L'exemple

Saint Augustin et le vol des poires

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Cet article est issu du numéro 50 de Philosophie magazine « 50 - juin 2011 », en kiosque le 25 mai 2011. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Le Père de l’Église, un délinquant juvénile ? En confessant avoir dérobé des fruits dans le jardin de son père par pure malice, l’évêque d’Hippone renvoie à la question de l’existence du mal et au mythe du péché originel.

Tout au long du livre II des Confessions, Augustin nous raconte les désordres et les tumultes de sa jeunesse. Ses parents n’ayant pas les ressources nécessaires pour l’envoyer étudier à Carthage, l’adolescent, alors âgé de 16 ans, interrompt sa scolarité et s’égare dans l’oisiveté. Malgré les remontrances de sa mère, Augustin suit « l’impétuosité de ses inclinations vicieuses » et fréquente des jeunes gens peu recommandables dont l’influence sur son caractère et son comportement est néfaste. Il craint en effet d’être blâmé par ses camarades s’il adopte une attitude chaste et innocente, ce qui le mène à se rendre plus vicieux qu’il ne l’est. Il se glorifie de ses infamies et avoue éprouver d’autant plus de plaisir à commettre des péchés que ses acolytes le louent une fois qu’il a mal agi. Dans cette enquête où Augustin revient sur les débauches de son adolescence, un épisode occupe une place tout à fait particulière : le récit du vol des poires près de la vigne de son père. Après avoir joué jusqu’à minuit avec ses méchants compagnons, Augustin s’en va secouer l’arbre pour en emporter les fruits : « J’ai voulu commettre le larcin, et je l’ai commis. »

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