Mort du pape François

“Sous le pontificat de François, on a vraiment saisi le caractère irréparable des fautes commises”

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“Sous le pontificat de François, on a vraiment saisi le caractère irréparable des fautes commises”

Le pape François en 2017. ©L'Osservatore Romano/Pool Photo via AP/Sipa

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Le pontificat du pape François a été marqué par de nombreux scandales de violences sexuelles, malgré sa volonté affichée de résoudre ce problème au sein de l’Église catholique. Analyse de la philosophe Laurence Devillairs, autrice de Être quelqu’un de bien. Philosophie du bien et du mal (Points Essais, 2024).


Le pape François a eu des mots plus forts que ses prédécesseurs pour condamner les violences sexuelles dans l’Église catholique. A-t-il réussi à réparer certaines erreurs, selon vous ?

Laurence Devillairs : Le pontificat du pape François avait ouvert un espoir à la fois spirituel et politique. En choisissant ce prénom en référence à saint François d’Assise, il signalait son désir d’exercer sa charge de manière simple, rigoureuse, attentive aux autres et aussi à la nature. Cette promesse de simplicité s’est vite traduite par sa manière spontanée de s’exprimer, sans fioritures. Il savait que si Benoît XVI lui avait passé la main, c’est aussi parce qu’il « était en assez bonne santé pour entreprendre des réformes de l’institution ecclésiale. Le pape François se présentait plus comme le berger d’un troupeau, un homme pragmatique que comme un théologien et un intellectuel. Je pense qu’il y a eu une déception chez de nombreux fidèles, dont je suis. Plutôt qu’une grande réforme de l’Église et une prise en compte à grande échelle des affaires de violences notamment sexuelles, on a plutôt eu l’impression d’un pontificat rattrapé par les scandales, toujours en décalage avec le réel. 

 

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