Série : les philosophes européens face aux élections du 9 juin

Takis Fotopoulos : “La confiance du peuple grec dans l’Union européenne a été durablement ébranlée”

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Takis Fotopoulos : “La confiance du peuple grec dans l’Union européenne a été durablement ébranlée”

Thessalonique (Grèce), le 3 juin 2024. En attendant le discours pré-électoral du président de Syriza-PS, Stéfanos Kasselákis.
© Konstantinos Tsakalidis/SOOC via AFP

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À l’approche des élections européennes, nous demandons à plusieurs philosophes des pays de l’Union d’expliquer les enjeux du scrutin dans leur pays, mais aussi les bouleversements qu’impliquerait une vague populiste. Aujourd’hui, le philosophe Takis Fotopoulos montre que la crise de la dette de 2008 a causé un désamour de la Grèce avec l’UE, qui dure encore.

➤ Retrouvez tous les entretiens de notre série : « Les philosophes européens face à l’élection du 9 juin » dans notre dossier.


 

Comment les Grecs appréhendent-ils les élections européennes à venir ?

Takis Fotopoulos : Pour comprendre les enjeux des européennes en Grèce, il faut remonter à la crise de la dette grecque de 2008. La confiance du peuple grec dans l’UE a été fortement ébranlée par cette crise. Je parle principalement de la partie de la population qui a voté en faveur de l’Union européenne. Il est clair que les autres ne s’attendaient pas à mieux que ce qu’ils ont obtenu après l’entrée de la Grèce dans l’Union. La partie de l’électorat qui a voté en faveur de l’UE s’attendait à une amélioration réelle du niveau de vie et, plus important encore, à des changements structurels significatifs qui ne se sont pas produits. On pourrait dire qu’étant donnée la situation économique désespérée de la Grèce au cours des deux premières décennies de ce siècle, les establishments européens et grecs ont, dans un sens, vu comme une opportunité l’avènement du premier gouvernement de « gauche » en Grèce [celui d’Aléxis Tsípras entre le 27 janvier 2015 et le 28 août 2015] à la fin des années 2010. L’objectif des élites n’était évidemment pas d’enclencher un véritable changement dans l’économie grecque et une amélioration significative du niveau de vie des citoyens grecs. Toutefois, ces élites ont perçu, à juste titre, qu’un gouvernement autoproclamé « de gauche » pourrait in fine mettre plus efficacement en œuvre les politiques d’austérité rigoureuses exigées par l’UE.

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