Féminisme

Taylor Swift et le mythe de la “femme à chat célibataire”

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Taylor Swift et le mythe de la “femme à chat célibataire”

Taylor Swift assiste aux MTV Video Music Awards 2024 à l'UBS Arena le 11 septembre 2024 à Elmont, New York.( Etas-Unis) © Dimitrios Kambouris/Getty Images/AFP

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“Vieille femme à chats sans enfant” : la formule stigmatisante de J. D. Vance, colistier de Donald Trump, a été reprise à son compte par la chanteuse américaine Taylor Swift, dans un post Instagram cumulant 11 millions de « likes ». Comme un avatar contemporain de la sorcière, cette nouvelle figure mythique remettrait-elle en question l’ordre social et patriarcal ?


« Childless Cat Lady », « vieilles femme à chats sans enfant » : c’est par cette expression que la superstar de la pop Taylor Swift signait mercredi 11 septembre un post Instagram où elle appelait à voter pour la candidate démocrate Kamala Harris, au lendemain du débat qui l’opposait à Donald Trump. La prise de position de la chanteuse n’a rien d’une surprise et se situe dans la continuité de l’« effet Taylor Swift », qui désigne l’ensemble des inflexions économiques et politiques initiées par les déclarations et la carrière de l’artiste, qui avait déjà pris parti pour Joe Biden en 2020. Sa façon de se réapproprier ironiquement une insulte a en revanche été saluée par plus de 11 millions de likes. La « femme à chat », tantôt qualifiée de « vieille », de « folle » ou de « célibataire », fait partie des stéréotypes de la (pop) culture, que l’on croise tant dans les comédies romantiques au scénario paresseux que dans la chanson ou les contes pour enfants. Taylor Swift répond à une vidéo de 2021 où l’on voit le colistier de Donald Trump, J. D. Vance, traiter les démocrates de « femmes à chat sans enfant qui se sentent malheureuses dans leur vie, regrettent les choix qu’elles ont faits et rendent dans le même temps le pays malheureux ». Derrière cet archétype, se cachent plusieurs accusations. La femme sans enfant serait : 1/égoïste ; 2/asociale ; 3/antipatriotique. D’un stigmate, Taylor Swift a-t-elle fait un statut désirable, emblème d’une forme d’émancipation ?

 

“The Witch is dead”, vraiment ?

Descendante du personnage fantasmé de la sorcière, la « cat lady » incarne une forme d’échec et d’anomalie : elle est celle qui ne serait parvenu ni à trouver un mari, ni à enfanter, condamnée à trouver un substitut chez un animal par ailleurs souvent perçu comme sournois, difficile à comprendre, distant et arrogant : le chat. Elle comblerait sa frustration et sa solitude en concentrant son affection sur le félin, seul susceptible de supporter sa déchéance sociale et morale. 

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