Toiles de cinéma
Cet article est réservé aux abonnés.
Girlie Show (1941)
«Hopper effectue des arrêts sur image, non des photographies. Ce sont des arrêts dans un récit comportant un avant et un après. La scène de strip-tease témoigne de ce mouvement : la femme a été habillée, elle se rhabillera. De même dans Excursion into philosophy : l’acte vient tout juste d’être consommé entre les partenaires. Ce jeu cinématographique est souligné par la maîtrise des cadrages calculés, que l’on imagine résultant de glissement successifs, à partir de croquis nombreux, d’esquisses.
Les délimitations se multiplient à l’intérieur même des tableaux, une façade ou une vitrine redouble le cadrage, définissant des emboîtements géométriques multiples. Hopper déjoue ainsi l’opposition constatée par Walter Benjamin entre le cinéma, fait de mouvements incessants, distrayants, et la peinture, permettant le recueillement. Il fabrique des images non statiques, d’après des scénarios.»