Débat

Pour ou contre les toilettes mixtes ?

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Pour ou contre les toilettes mixtes ?

Une enseigne de toilettes publiques à Aukland, Nouvelle-Zéalnde. ©Rafael Ben Ari/Newscom/SIPA

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Les toilettes mixtes font régulièrement débat – McDonald’s vient ainsi d’être condamné à réinstaller des toilettes séparées dans ses restaurants brésiliens. Défendue par les militants trans et non binaires, condamnée par les conservateurs qui craignent une subversion des frontières entre les sexes, l’idée crée du remous dans certaines branches du féminisme. Petite typologie des arguments pour et contre la mixité des WC. 

 

Pour des toilettes mixtes

Différents arguments sont, régulièrement avancés pour défendre l’abolition des toilettes genrées.

 

Pragmatique 

Certains sont tout bonnement pragmatiques : passer à des toilettes mixtes résoudrait bon nombre de situations d’embouteillage absurdes où une longue attente est nécessaire pour accéder aux toilettes des femmes alors que celles des hommes sont presque désertées. La situation inverse existe, mais elle est plus rare. Les femmes passent en effet en moyenne deux fois plus de temps dans les lieux d’aisance – pas pour se remaquiller et se pomponner, mais surtout parce qu’elles doivent en partie se déshabiller, parfois changer de protection menstruelle, souvent y accompagner les enfants dont elles ont encore, majoritairement, la charge. Deux fois plus de temps, mais pas deux fois plus de sanitaires ! Les toilettes mixtes seraient une solution – hommes et femmes ont à peu près les mêmes besoins, en la matière. Pas la seule, sans doute : il serait simplement possible d’augmenter le nombre de sanitaires dédiés aux femmes. 

 

Mais les toilettes mixtes ont d’autres arguments à faire valoir.

 

Infériorisation

Un argument historique, d’abord : les toilettes non mixtes sont une invention relativement récente. Selon le sociologue Sam Bourcier, les premiers sanitaires séparés remontent à 1739. Ils se généralisent à partir du XIXe siècle, jusqu’à trouver leur place dans certains documents officiels comme le Code du travail. Pourquoi cette inflexion ? Bourcier y voit « un puissant opérateur de genre au service de sa protection et de la police des genres ». Les toilettes séparées sont censées garantir, avec un paternalisme non dissimulé, la sécurité des femmes fragiles, menacées par des prédateurs dès lors qu’elles s’aventurent hors de leur domicile. Le récit qui accompagne la naissance des toilettes séparées est, dès l’origine, un discours d’infériorisation des femmes. 

 

Binarité

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