Trois exercices mentaux
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Cet article est issu du numéro 52 de Philosophie magazine « 52 - septembre 2011 », en kiosque le 25 août 2011. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Trois méthodes de pensée qui empruntent la voie de l’esprit.
La généalogie selon Nietzsche
Vous voilà devant une idéologie ou une croyance, défendue par un parti ou une église. Son discours est rodé. Et elle se donne pour la vérité. Que faire ? Comment mettre à l’épreuve les autorités intellectuelles les plus solidement établies ? La méthode Nietzsche : faire un détour par l’histoire des mots et des idées, pour mettre à jour la « généalogie » des concepts : « Nous avons besoin d’une critique des valeurs morales, et la valeur de ces valeurs doit tout d’abord être mise en question – et, pour cela, il est de toute nécessité de connaître les conditions et les milieux qui leur ont donné naissance. » Le philosophe montre que « bon » a revêtu successivement deux sens presque contraires, selon qu’on l’a opposé à mauvais ou à méchant. Pour le « fort », est bon ce qui n’est pas faible, ou mauvais – tel était la définition antique du bien, apanage de l’aristocratie et des seigneurs de la guerre. Mais pour le « faible », est méchant… ce qui est fort – et telle est la refonte de la définition du bien, comme humilité, pauvreté, dénuement, désintéressement, qu’opère le christianisme. Le philosophe en tire une interprétation – il existe deux morales, l’une des maîtres, l’autre des esclaves. Suivez le maître : à vos marteaux !