Tu dois changer ta vie

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Cet article est issu du numéro 118 de Philosophie magazine « 118 - avril 2018 », en kiosque le 22 mars 2018. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

On ne lui doit aucun concept, aucune doctrine nouvelle. Pourtant, Marc Aurèle connaît un regain d’intérêt depuis que spécialistes de l’Antiquité, psychologues et professionnels du développement personnel ont redécouvert la portée spirituelle, méditative et surtout philosophique des “Pensées pour moi-même”.

Ceux qu’il a lus

Empédocle (v. 490-v. 435 av. J.-C.)

Chez le philosophe et poète, l’image de la sphère évoque la perfection et la stabilité, deux notions qu’un stoïcien ne renierait pas, puisqu’elles sont ce vers quoi il est supposé tendre. Reprenant les mots d’Empédocle, Marc Aurèle espère mettre de côté les passions et veut travailler à les taire afin de faire de lui-même « une sphère parfaite, heureuse de sa stable rotondité ».

Platon (428-348 av. J.-C.)

Marc Aurèle cite son œuvre à plusieurs reprises, notamment l’Apologie de Socrate. Lecteur, il prend note de ce qui le frappe et en fait le support d’une méditation sur l’indifférence à la mort. L’attitude de Socrate, imperturbable face à l’annonce de sa condamnation par les Athéniens, est un modèle de stoïcisme. La mort d’un homme importe peu, seul compte le fait de savoir « si ses actions sont justes ou injustes, et si elles sont d’un homme de bien ou d’un méchant ».

Épictète (50-125)

C’est via son professeur Rusticus, lui-même élève d’Épictète, que Marc Aurèle découvre l’enseignement de l’esclave philosophe. Quand d’autres professeurs initient l’apprenti empereur à l’art de la rhétorique, Épictète montre une autre voie : la philosophie ne se limite pas à une mise en forme plus ou moins élégante du discours, mais doit aussi être un mode de vie. « Contente-toi donc d’être en tout philosophe », propose-t-il simplement.

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