Revue de presse
Une question de devoir
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Cet article est issu du numéro 44 de Philosophie magazine « 44 - novembre 2010 », en kiosque le 28 octobre 2010. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
« Il fut un temps où, un peu partout dans le monde, battre sa femme et ses enfants était considéré comme un devoir paternel, et l’homosexualité était passible de la pendaison. […] Au XIXe siècle, les États-Unis, et d’autres nations, fermaient les yeux sur l’esclavage. […] Sans parler, au cœur du XXe siècle, des meutes qui, dans ce pays, étaient capables de déshabiller, torturer et pendre des êtres humains à l’occasion d’un pique-nique. Avec le recul, il est facile de se demander à quoi pensaient les gens de cette époque.
Mais il est probable que nos descendants se poseront à notre propos une question identique et avec le même étonnement : […] 1 % des adultes de ce pays sont incarcérés ; nous représentons 4 % de la population mondiale, mais 25 % de ses détenus. […] Pire, la plupart d’entre eux ne sont pas des délinquants dangereux. […] Mais l’ampleur de la punition infligée n’est jamais inscrite dans la sentence du juge : chaque année, plus de 100 000 détenus subissent des sévices sexuels. […] Alors, ne nous cantonnons pas à ces exemples. Chacun d’entre nous a ses propres soupçons sur les pratiques qui, demain, conduiront d’autres hommes à se demander avec consternation : à quoi pensaient-ils ? »