Violences policières
“Refus d’obtempérer” : peut-on désobéir à la police ?
Écusson de la Police nationale. © Adrien Nowak/Hans Lucas via AFP
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Faut-il obéir aux policiers coûte que coûte ? À quelles conditions peut-on éventuellement désobéir ? Cette question ressurgit à l’occasion de tragiques fait divers, où une personne est tuée par la police après avoir refusé d'obtempérer. Retour avec trois philosophes sur notre devoir d’obéissance – ou de désobéissance – à la police.
Non, on ne peut désobéir, car nous avons consenti au pouvoir du souverain
Thomas Hobbes (1588-1679)
L’État qui est chargé de faire respecter son autorité a un pouvoir quasi absolu, pour Hobbes. Nous ne pouvons pas désobéir car c’est le peuple lui-même qui a consenti à ce pouvoir à travers une promesse faite au souverain. Transgresser la loi, cela reviendrait à trahir le pacte à l’origine de la communauté politique que nous formons. Cette promesse d’obéissance est bénéfique au plus grand nombre, selon Hobbes, car elle s’est faite en échange d’une protection : « Soumis par l’épée, les hommes promettent d’obéir pour conserver la vie » (Léviathan, 1651). Nous sommes donc tenus d’obéir à la police, dans notre propre intérêt… mais à une condition : que le souverain protège effectivement ses administrés. Si par exemple les policiers représentent une menace pour la vie des citoyens en faisant un usage de leur arme en dehors du cadre prévu par la loi, alors les citoyens peuvent légitimement se retourner contre eux : « L’obligation des sujets envers le souverain est comprise comme durant aussi longtemps, et pas plus longtemps, que ne dure le pouvoir par lequel il peut le protéger. »