Une voix universelle

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Cet article est issu du numéro 11 de Philosophie magazine « 11 - été 2007 », en kiosque le 05 juillet 2007. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Pourquoi une nouvelle édition des Essais en Pléiade ? Pour retrouver la version qu’ont lue les contemporains, avec l’orthographe et la syntaxe d’origine, celle de 1595. Charme ou difficulté du vieux français, cette nouvelle édition veut s’adresser aux novices comme aux connaisseurs, en mettant à leur disposition de nombreuses notes de langue, mais aussi un relevé complet des variantes du texte. Car Montaigne n’a jamais cessé de récrire, d’approfondir ses « cogitations ». L’œuvre est vivante. À plus d’un titre… Ennemie de tous les fanatismes, la pensée du philosophe bordelais est anti-systématique, changeante, comme le « visage des choses ». Cette voix si moderne, étonnamment actuelle, chante la tolérance, crie la liberté, murmure la fragilité de « l’humaine condition ». Musique d’une langue que le comédien Michel Piccoli nous donne à entendre, prenant autant de plaisir à la mettre en bouche qu’on en éprouve à l’écouter. C’est qu’au fil des Essais se dessine et s’invente une identité, dans toute sa singularité et son indépendance d’esprit, dans toutes ses contradictions aussi, comme le montre Jean Lacouture dans l’Album Montaigne de la Pléiade. Un « moi » si personnel qu’il touche à l’universel.

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