Décryptage
Vatican, les courants cardinaux
© William L. et Héloïse T.
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Cet article est issu du numéro 68 de Philosophie magazine « 68 - avril 2013 », en kiosque le 21 mars 2013. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Si la démission inattendue de Benoît XVI a révélé l’image d’une Église affaiblie et aux prises avec divers scandales, voici, loin de l’agitation médiatique, les principaux courants philosophiques influents du Vatican.
Les thomistes
Fondateurs > Saint Thomas d’Aquin (1224-1274) / Francisco Suárez (1548-1617)
Depuis l’encyclique Æterni Patris de Léon XIII en 1879, le thomisme est la philosophie officielle de l’Église. Inspiré de saint Thomas d’Aquin qui concilie acquis de la pensée d’Aristote et exigences de la foi chrétienne, le thomisme affirme que la nature régie par ses propres lois, finalisée, est offerte à la raison de l’homme pour que celui-ci y trouve, avec le secours de la grâce divine, le chemin de son salut. Il se veut une doctrine systématique où les places de l’homme, du monde et de Dieu sont harmonisées.
Représentants actuels > Christoph Schönborn (cardinal autrichien et archevêque de Vienne) / Georges Cottier (cardinal suisse) / Charles Morerod (Suisse, évêque de Lausanne, Genève et Fribourg)
Les néothomistes
Fondateurs > Jacques Maritain (1882-1973) / Étienne Gilson (1884-1978)
Le néothomisme cherche à concilier la pensée de saint Thomas avec les philosophies contemporaines. Sans jamais céder au positivisme scientifique, attaché à une morale ancrée en l’homme, le néothomisme se veut progressiste, en dialogue avec les philosophies du siècle comme l’existentialisme (que Maritain et Gilson concilient avec la nature), le néokantisme ou la philosophie analytique anglo-saxonne. Ce « thomisme analytique » travaille, entre autres, à penser avec rigueur les notions théologiques fondamentales (l’âme ou l’acte) et à formaliser les arguments de saint Thomas relatifs à la preuve de l’existence de Dieu.