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Vers une “ubérisation” de la guerre en Ukraine ?

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Ukraine, 20 avril 2022. Daniel, un membre des forces de reconnaissance et de surveillance du ciel de l’armée ukrainienne, examine les images fournies par un drone de fabrication locale Leleka-100 : il s’agit d’un dépôt de blindés ennemis, localisé dans un endroit secret côté russe, au-delà de la frontière avec l’Ukraine, et détruit par ce même drone

Ukraine, 20 avril 2022. Daniel, un membre des forces de reconnaissance et de surveillance du ciel de l’armée ukrainienne, examine les images fournies par un drone de fabrication locale Leleka-100 : il s’agit d’un dépôt de blindés ennemis, localisé dans un endroit secret côté russe, au-delà de la frontière avec l’Ukraine, et détruit par ce même drone. © Peter Jordan/The Sun/News Licensing/Abaca

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La résistance de l’armée ukrainienne face à l’envahisseur russe évoque de plus en plus le combat de David contre Goliath. Si David l’a emporté, c’est par sa ruse et son ingéniosité. En la matière, l’armée ukrainienne n’est pas en reste. L’un de ses atouts ? Un logiciel militaire qui repose sur la géolocalisation du matériel d’artillerie le plus proche possible d’une cible russe potentielle. Un peu comme si David se démultipliait sur le territoire ukrainien, en un réseau de combattants plus ou moins autonomes face à une armée russe organisée de façon pyramidale. Assisterait-on en Ukraine à l’« ubérisation » de la guerre ? Si oui, il se pourrait qu’elle ait des effets étonnamment vertueux. Analyse.

Uber version militaire

Souvenez-vous. Dès les premiers jours de la guerre, les médias diffusaient des images de civils attelés à la fabrication de cocktails Molotov dans des lieux qui servaient peu auparavant d’école, de boîte de nuit ou de café. Cette résistance do it yourself, sans moyens, a forcé l’admiration du monde. De façon spontanée, sans ordre gouvernemental direct, les Ukrainiens ont constitué un réseau informel de citoyens prêts à en découdre avec leur agresseur.

Ce fonctionnement en réseau, l’armée régulière a su le mettre à profit, notamment via l’utilisation d’un logiciel dont le principe rappelle celui de l’application Uber. Et ce depuis 2014 et les débuts de la guerre dans le Donbass. Ce logiciel appelé GIS Art for Artillery (ou GIS Arta) a été développé par le physicien ukrainien Yaroslav Sherstyuk afin de permettre aux tirs ukrainiens de gagner en efficacité.

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