Cinéma

Vie et mort des images

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Si le mort-vivant est l’exclu de l’Amérique, il faut, pour l’approcher, inventer une manière de filmer qui n’est ni celle des médias ni celle du cinéma habituel.

Diary of the Dead / 2008 / Film d’horreur de George A. Romero / Avec Michelle Morgan, Shawn Roberts

 

En 1968, personne n’aurait imaginé que La Nuit des morts-vivants, tourné en noir et blanc dans la campagne de Pittsburgh, en Pennsylvanie, et décrivant la lutte d’humains contre des zombies, jetterait les bases du film d’horreur moderne (l’Autre, c’est le même) et hanterait le cinéma américain. Avec le mort-vivant, métaphore d’une Amérique déliquescente en proie à un refoulé qui fait retour, le cinéaste américain propulse le genre sur un terrain politique et invente une figure porteuse d’un désir de changement. Le zombie incarne, pour reprendre les mots de Clément Rosset décrivant l’idiotie du réel, « la rencontre d’un but absolument déterminé et d’une motivation absolument manquante ». Buvard livide capable d’absorber les terreurs de son époque, il cristallise une nouvelle société qui veut absorber l’ancienne.

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