Au fil des âges

Vieillir, pour ou contre ?

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Cet article est issu du numéro 34 de Philosophie magazine « 34 - novembre 2009 », en kiosque le 29 octobre 2009. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

La question fera sourire : comme si on avait le choix ! Et même si on avait le choix : comment hésiter ? C’est là pourtant l’objet d’une des plus longues querelles philosophiques qui fut. Elle débute au VIIe siècle avant J.-C. par ce vers de Solon : « Puissè-je devenir vieux en apprenant toujours. » Le grand sage athénien prenait alors à rebours un poème de Mimnerme de Colophon : « Elle est fugitive comme un songe, la précieuse jeunesse ; et la pénible, l’informe vieillesse arrive vite sur notre tête ; elle est odieuse et méprisable à la fois, elle qui rend l’homme méconnaissable, qui trouble les yeux et voile l’esprit. Puissè-je, sans maladies ni pénibles soucis, rencontrer, à 60 ans, le lot de la mort. »

En réponse à ce poème, Solon entreprend une défense de la vieillesse : non seulement une vie de quatre-vingts ans ne lui fait pas peur, mais il peut espérer qu’à sa mort on le pleurera, preuve qu’il n’aura pas atteint le fond de la décrépitude. Il propose donc de modifier la fin du poème : « Puissè-je devenir vieux en apprenant toujours. »

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