Chroniques du futur
Le rajeunissement cellulaire va-t-il révolutionner ce que “vieillir” veut dire ?
© Alex Shuper/Unsplash
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Certaines entreprises commencent à développement des traitements promettant d’« inverser » le vieillissement cellulaire. Si ces technologies sont encore au stade d’ébauche, il n’est jamais trop tôt pour interroger, au-delà de leurs avantages évidents, les risques qu’elles portent en elles.
En matière de technique de rajeunissement, un tournant majeur a eu lieu en 2006 avec l’équipe du chercheur japonais Shinya Yamanaka. Lui et ses collègues ont montré qu’en activant quatre « facteurs » chez la souris – les protéines OCT4, SOX2, KLF4 et c-MYC —, il était possible d’opérer une reprogrammation presque complète au niveau cellulaire : de transformer une cellule adulte en une cellule semblable à une cellule souche embryonnaire. Les perspectives médicales se sont rapidement dessinées : serait-il possible de régénérer, de la sorte, certains tissus de l’organisme chez les humains ?
Des tests encourageants
Un problème majeur se pose d’emblée. Une cellule totalement reprogrammée perd son identité : un neurone redevenu cellule souche ne serait plus vraiment un neurone. Pousser trop loin la reprogrammation dans un organisme pourrait aussi entraîner des anomalies, voire des tumeurs. D’où l’idée d’une reprogrammation partielle, suffisante pour « rajeunir » certains réglages de la cellule, mais de manière assez limitée afin qu’elle ne perde pas son identité. L’idée serait de faire en sorte qu’un neurone vieux se remette à fonctionner comme un neurone jeune, tout en restant un neurone.
Après des essais concluants sur les cellules ganglionnaires de la rétine de souris, l’idée d’appliquer cette technologie à l’être humain se précise. Vingt ans après la mise en évidence des quatre facteurs de Yamanaka, les premières mises en application cliniques commencent tout juste à émerger. YouthBio Therapeutics développe YB002, une thérapie génique expérimentale, contre la maladie d’Alzheimer. Le programme est encore préclinique : aux États-Unis, la plus haute autorité sanitaire, la Food and Drug Administration (FDA), a donné en 2025 un retour favorable, mais aucun essai chez l’humain n’a encore commencé.