Entretien

Violences sexuelles dans le périscolaire : “La représentation de l’école est dissonante avec l’idée d’une figure du mal en son sein”

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Violences sexuelles dans le périscolaire : “La représentation de l’école est dissonante avec l’idée d’une figure du mal en son sein”

Image d’illustration. © Syspeo/Sipa

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Pour l’avocate Marie Grimaud, spécialiste de la question des violences faites aux enfants, notre société reste dans un déni face aux violences scolaires, en raison d’un statut particulier de l’institution pédagogique dans notre imaginaire collectif. Entretien.


 

Que révèle le scandale des violences dans le périscolaire ?

Marie Grimaud : Les violences faites aux enfants au sein de l’école – et pas seulement dans le périscolaire – existent depuis des générations. Elles reviennent comme des fulgurances dans la grande amnésie collective. De façon cyclique, à l’occasion de faits que nous appelons des faits divers, elles viennent percuter la société avant qu’elles ne retombent dans l’oubli. Déjà, en 2015, nous avions eu l’affaire de Villefontaine (Isère) où un professeur avait mis en place des ateliers du goût… Cette histoire – que tout le monde a oubliée – avait déjà eu, à l’époque, un grand retentissement médiatique et politique. En effet, plus de 80 victimes d’abus sexuels avaient été identifiées et, au domicile de l’enseignant, des milliers de vidéos et images pédopornographiques avaient été découvertes dans lesquelles étaient identifiés les élèves de sa classe victimes de ses agissements. À cette époque, Najat Vallaud-Belkacem était ministre de l’Éducation nationale, et toute l’attention médiatico-politique était focalisée sur les enseignants, omettant d’interroger l’exposition des enfants à d’autres agresseurs sur le temps périscolaire.

 

Cette fois, le scandale éclate à Paris. Rien n’a donc changé depuis ?

Dans le cours de cette même année 2015, Emmanuel Grégoire (alors adjoint à Anne Hidalgo, maire de Paris) annonçait déjà un plan parisien de lutte contre les violences sexuelles sur mineurs dans les secteurs scolaires et périscolaires. Le débat public est pris d’un syndrome du palimpseste. Les débats, les déclarations d’intention politiques, les interviews dans les médias, tout s’efface de nos mémoires pour réapparaître des années plus tard à peu près sous les mêmes termes. Entre deux réveils, rien ne bouge, les velléités de réformes de la protection de l’enfance s’évaporent et les enfants continuent de subir les violences notamment sexuelles au sein des écoles de la République.

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