Édito

Voir des yeux partout

Temps de lecture : 2 min

Voir des yeux partout

© Dupuy & Berberian pour PM

Cet article est réservé aux abonnés.

Cet article est issu du numéro 64 de Philosophie magazine « 64 - novembre 2012 », en kiosque le 25 octobre 2012. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Lorsque j’étais enfant, je voyais des visages un peu partout et de préférence là où il n’y en avait pas. Il suffisait vraiment d’un rien pour stimuler mon imaginaire : un nuage moutonnant évoquait un patriarche barbu, des fissures dans un vieux mur un diable ricanant, quelques éclats sur un carreau de faïence recomposaient le profil de Donald. Les façades des maisons pouvaient être souriantes, quand les fenêtres ouvraient grand les cils de leurs rideaux et que la porte était enduite d’un rouge avenant, ou menaçantes, quand les volets de leurs paupières étaient fermés, voire défendus par des barreaux, et que le crépi se fendait d’innombrables ridules. Même chose avec les calandres des voitures : je me souviens d’ailleurs, à ce sujet, que je trouvais qu’un proche de la famille, Michel, avait un sourire ressemblant à s’y méprendre à celui de la Peugeot 403, si bien que je ne pouvais jamais voir l’un sans penser aussitôt à l’autre.

Cet article est réservé aux abonnés