Y a-t-il quelqu’un qui m’aime ?

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Y a-t-il quelqu’un qui m’aime ?

© Oriane Safré-Proust / Valerie Oualid 

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Cet article est issu du numéro 137 de Philosophie magazine « 137 - mars 2020 », en kiosque le 20 février 2020. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Pourquoi consultons-nous aussi frénétiquement notre smartphone ? Peut-être parce que nous plaçons dans ce nouveau totem high-tech l’espoir d’une réponse inédite à nos questionnements existentiels.

C’est un tag, tout en haut d’un immeuble. Les lettres de deux mètres de haut brillent au soleil. Y a-t-il quel­qu’un qui m’aime ? Question fondamentale. J’admire l’adresse du garçon ou de la fille, grimpé en haut de l’immeuble, sans doute au milieu de la nuit, pour écrire son message. Et puis je m’engouffre dans le métro. Je regarde discrètement mes voisins de banquette, penchés sur leur téléphone. Mains occupées, yeux baissés. Con­centrés. Je suppose que nous avons tous éprouvé, un jour ou l’autre, ce vague sentiment de malaise, cherchant à croiser un regard et ne voyant autour de nous que des visages inclinés vers des écrans. Puis baissant les yeux à notre tour, au cas où, une notification…

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