1. S’exercer

Yohann Diniz: “M’entraîner m’a appris à domestiquer l’excès”

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Cet article est issu du numéro 115 de Philosophie magazine « Pourquoi est-il si difficile de changer ? », en kiosque le 30 novembre 2017. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Né en 1978, champion du monde de marche athlétique en 2017, il détient le record du monde du 50 kilomètres marche – en 3 heures, 32 minutes et 33 secondes.

« Je n’ai pas eu une enfance facile. Mes parents, qui m’ont eu à 16 ans, n’ont pas vraiment joué leur rôle. J’ai même dû m’occuper de ma petite sœur, de quatre ans ma cadette ! Livré à moi-même très tôt, je n’ai pas fait que des bons choix. J’ai acquis de mauvaises habitudes, notamment celle de consommer des substances illicites. J’étais plongé dans un milieu malsain, sans amis véritables. À l’université, j’étais également dans l’excès. Soit je rendais des travaux très aboutis, soit je ne faisais rien du tout. Dans mes conduites, je ne connaissais pas le juste milieu. Je ne parvenais pas à placer le curseur au bon endroit. Durant plusieurs années, je ne savais plus du tout où j’en étais, ni où j’allais. Je me souviens très bien de ce jour où je me suis retrouvé seul face à moi-même. J’étais devant une machine, dans un emploi en intérim, à Reims, et je me suis dit que je ne pouvais pas continuer à faire n’importe quoi. Alors j’ai pris un annuaire et j’ai appelé un club d’athlétisme. J’avais toujours aimé courir. Je me suis dit que m’inscrire dans un club me permettrait de rencontrer des personnes nouvelles et de changer de vie. Entrer dans une association a été déclencheur. On découvre qu’on n’est pas seul, mais qu’on est tous – coureurs, entraîneurs, membres de l’encadrement – dirigés vers un objectif commun. Pour échapper au service militaire, j’ai effectué un an de service civil au sein de ce club.

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