Le vivant

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Le vivant n’est pas la matière, qui peut être inanimée ou mécanisée (le vivant se distingue alors de l’inerte ou de l’artificiel), ni l’existence qui suppose la conscience : le vivant n’est pas le vécu. Le vivant, c’est l’ensemble des membres de toutes les espèces qui manifestent par leur organisation les caractéristiques de la vie dans un temps limité (tout vivant est mortel) et dépassé (le vivant tend à se reproduire). Expliquer le vivant est l’objet de la biologie, science née tardivement (au XIXe siècle) en raison du caractère sacré, donc intouchable, accordé à la vie par le pouvoir religieux. Mais comment penser le vivant ? Grâce à un modèle finaliste, mécaniste ou vitaliste ? Comment, ensuite, entrer dans le vivant sans le détruire ou le perturber ? Comment, enfin, classer les vivants alors que, selon l’évolutionnisme, les espèces sont en mutation ? Et jusqu’à quel point peut-on agir sur lui, le manipuler ? Une bioéthique semble d’autant plus nécessaire que le pouvoir de l’homme sur la vie ne cesse d’augmenter.

Exemples

L’ouverture des cadavres

Pour le vitaliste Bichat, « la vie est l’ensemble des fonctions qui résistent à la mort ». Connaître la vie oblige à interroger la mort : à ouvrir les cadavres. Car la mort révèle les processus de la vie : elle fait éclater, dans la rigueur de la décomposition, les merveilles de la vie. Ainsi, la mort lente et naturelle du vieillard reprend en sens inverse le développement de la vie chez l’enfant, chez l’embryon. Quant à la mort par maladie, elle est comme une dissection sur le vif. La connaissance de la vie doit donc beaucoup à la destruction de la vie.

Le cou de la girafe

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