Les notions
L’État
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L’État, notion proprement politique, désigne l’autorité la plus haute pour gérer le vivre ensemble. Il se distingue de la société à laquelle il impose son arbitrage lorsque des conflits apparaissent entre les intérêts privés. Détenteur de la force (policière et militaire), l’État peut se définir comme le détenteur du « monopole de la violence légitime » (Max Weber). Cette force s’exerce sur un territoire, qui peut regrouper plusieurs nations (ce fut le cas de l’Empire austro-hongrois). On ne parle d’État qu’à partir de la fin du XVe siècle, la philosophie antique ne connaissant que la cité (polis en grec, d’où le mot « politique »). Avec le passage de la cité à l’État, l’État devient artificiel et non plus naturel : il est le produit d’une volonté qui se soumet, par contrat, à une autorité lui garantissant sécurité et liberté. Mais cet idéal est souvent trahi par les gouvernants. D’où l’anarchisme ou le projet marxiste d’un dépérissement de l’État.
Exemples
Les épis d’Hérodote
Hérodote raconte que Périandre, tyran de Corinthe, avait envoyé un messager au tyran de Milet pour apprendre comment ménager sa sécurité et assurer son succès. Le tyran de Milet ne répondit rien mais, se promenant le long d’un champ de blé avec le messager, coupa soudain toutes les têtes des épis qui dépassaient. Le tyran ne peut garantir sa sécurité qu’en éliminant les hommes les plus vaillants et les plus doués de la Cité. Un État tyrannique est donc nécessairement une médiocratie. Seule la peur qu’il inspire au peuple permet à ce régime de se maintenir.