Théorie et expérience
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On peut définir la théorie comme le produit d’une activité de l’esprit, d’une spéculation abstraite et désintéressée. La théorie s’oppose alors à la pratique. Une théorie scientifique est un système de lois, fondé sur des hypothèses, qui rend intelligible le monde des phénomènes. C’est ici qu’entre en jeu la notion d’expérience. Celle-ci peut d’abord être comprise soit comme ce qui est à l’origine de nos idées, et donc de toute connaissance – on parle alors d’empirisme, opposé au rationalisme – soit comme ce qui permet de vérifier ou d’invalider une théorie. Loin donc de s’opposer, théorie et expérience s’informent mutuellement. Mais pour beaucoup, c’est la théorie qui doit précéder l’expérience. Dire que, depuis Galilée, la science est devenue expérimentale, c’est dire que ce qui està observer doit d’abord être rationnellement construit.
Exemples
Le mythe de l’expérience de Pise
Pour illustrer sa théorie de l’inertie et de la constante d’accélération, Galilée aurait, aux dires de son secrétaire Viviani, laissé chuter une bille et un boulet du haut des 55 mètres de la tour de Pise et observé que les deux sphères touchent le sol en même temps. Mais cette expérience n’est probablement qu’un mythe : Galilée savait que la résistance de l’air pouvait jouer contre sa théorie qui n’est vérifiable que dans le vide. Pour prouver une théorie, peut-être faut-il alors privilégier les expériences… de pensée : les résultats d’une expérimentation réelle sont souvent faussés par les conditions de son exécution.