Éthique / Banalité du Mal

Milgram et Arendt sur la même longueur d’ondes ?

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Milgram et Arendt sur la même longueur d’ondes ?

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Cet article est issu du numéro 96 de Philosophie magazine « Le bien et le mal, ça s’apprend ? », en kiosque le 21 janvier 2016. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Le film Experimenter, consacré au psychologue Stanley Milgram, fait de la théorie de la banalité du mal d’Hannah Arendt, l’une des inspirations de ses expériences de soumission à l’autorité. Qu’en est-il vraiment ?

Printemps 1962. Stanley Milgram, psychologue social à l’université de Yale, regarde à la télévision les images du procès Eichmann. Il est stupéfait : les images de l’organisateur de la Solution finale ne font-elles pas écho à l’expérience qu’il vient de mener ? Le film Experimenter fait ce rapprochement à dessein. Il montre Milgram demandant à des Américains moyens de participer à une expérience (fictive) sur la mémoire au cours de laquelle, sous la direction d’un scientifique en blouse grise, ils doivent administrer des chocs électriques de plus en plus puissants à un autre cobaye (en réalité un acteur) assis de l’autre côté d’un mur.

Quel rapport entre une expérience scientifique et le plus retentissant procès d’un nazi après Nuremberg ? L’idée suivant laquelle on n’a pas besoin d’être un monstre sadique, un être malveillant et cruel, pour faire souffrir ses semblables. Selon Milgram, lorsqu’on obéit à une autorité que l’on juge légitime, on se transforme volontairement en un pur agent d’exécution. Le psychologue constate que presque 65 % des sujets obéissent, malgré les protestations, les cris, puis l’inquiétant silence du sujet (faussement) torturé. Seule une minorité s’interrompt.

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