« Veiller à toutes les articulations du sujet »

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— Alex Gadré, 18 ans, terminale ES suit un double cursus Sciences-Po/licence de philosophie à Paris

 

«Lire les auteurs qu’on aime, se faire plaisir en embrassant la logique d’un raisonnement, voici encore le meilleur moyen de se préparer. J’ai abordé l’épreuve de philosophie avec sérieux, voire avec un peu d’appréhension, car la discipline me passionne. L’importance que j’y attache est directement liée à ce qu’elle m’apporte : une compréhension du monde dans lequel je vis. Le raisonnement philosophique permet d’établir grâce aux œuvres un lien, une connexion avec la modernité. Sans cet élargissement de la pensée, sans cette culture, il est impossible de prendre du recul, d’interroger le monde, de résoudre – ou de ne pas résoudre ! – des questions bien posées. Pour parvenir à déceler les bonnes questions derrière la question générale qui peut être présentée à l’épreuve, il faut veiller à toutes les articulations de la phrase, aux relations multiples qu’entretiennent les termes entre eux, à la ponctuation. Une fois le dynamisme de la question compris, ses ressorts, il est possible de construire un plan, en s’appuyant sur des exemples classiques, philosophiques, littéraires ou artistiques, tirés de sources variées. La préparation que je suivais en vue de passer le concours de Sciences-Po, m’a aidé à élargir ce champ de référence. Mais il ne faut pas hésiter également à rédiger des sous-parties sans références classiques ni citations, en assumant une réflexion à part entière, personnelle, voire déroutante. C’est l’essence de la philosophie ; elle a cette vertu d’apprendre à revoir l’échelle de nos considérations, à dramatiser ce qui ne nous inquiétait pas, à relativiser ce qui semblait primordial, à revoir l’ordre d’importance des questions, à renverser les idées établies, comme un jeu.» 

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