Aimer s'apprend aussi. Méditations spinoziennes

Une recension de Frédéric Manzini, publié le

« L’amour aussi doit s’apprendre », écrivait Nietzsche dans Le Gai Savoir. C’est à cette belle idée que le philosophe des sciences de l’éducation Sébastien Charbonnier essaie d’appliquer le programme qu’il avait défini dans Que peut la philosophie ? (Seuil, 2013). Son éthique de la pédagogie s’efforce de concilier la pratique de la philo-sophie et le partage des arguments qui consiste à s’émanciper ensemble et mutuellement sans chercher à se contredire. Ces bons sentiments affichés – au risque d’une certaine naïveté – s’égrènent ici en trente courts textes en forme de petit dictionnaire de l’amour. À l’entrée « Désaccord » est ainsi défendue la vertu de la différence, à « Jeu » est dessinée la parenté entre l’humour et l’amour, tandis qu’on retiendra la proposition de créer un « point Bisounours » comme équivalent inverse du « point Godwin ». Si celui-ci signale la banalité de la référence à Hitler dans les discussions, le point Bisounours combattrait le cynisme de ceux qui, sous couvert de lucidité, cherchent à faire valoir leur fatigue d’aimer. Il faudra au moins ça pour affronter toute la complexité des relations humaines.

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