“L’Attention pure”, de Simone Weil : l'attention demande-t-elle d'être actif, passif… ou croyant ?

Une recension de Martin Legros, publié le

Peut-on adhérer pleinement à la moitié d’un concept ou d’une pensée ? Telle est la question surprenante qu’on ne peut manquer de se poser à la lecture de ce nouveau volume d’extraits et d’aphorismes glanés dans les Cahiers de Simone Weil, après Grâce et Beauté, paru cet été. Sauf qu’émerge ici de manière irrécusable le lien que la philosophe établit entre les dimensions « profanes » de l’attention (cognitive, esthétique et éthique) et sa dimension religieuse. Un lien essentiel, nous dit-elle : on ne peut comprendre ni même faire l’expérience de l’attention au sens le plus profond… si l’on ne voit pas que Dieu – et même le Christ, qu’elle a « rencontré » en 1938 lors d’un épisode mystique – est au sommet de cette idée et de ce vécu ! Ultimement, sous sa forme « pure », l’attention est plus qu’une disponibilité pour la beauté d’un paysage ou d’une équation mathématique, elle est plus que « l’attente flottante, silencieuse » qu’ouvre une sonate musicale, elle est « compassion » et « prière » ! Billevesée d’un autre âge, objecte l’athée ou l’agnostique, qui ne l’empêche pas d’être emporté par la puissance descriptive du propos. Pas sûr… 

Cet article est réservé aux abonnés
Les concepts liés à ce livre
Sur le même sujet







Article
3 min
Martin Duru

Selon le géographe Michel Lussault, Simone Weil a eu cette intuition géniale que l’ancrage dans un territoire n’est pas uniquement fonctionnel : il permet à l’individu de se forger en être parlant et agissant, et de trouver ses marques…