“Le Rectangle de Lascaux”, de Stanislas Dehaene : portrait d'Homo sapiens en géomètre né

Une recension de Frédéric Manzini, publié le

Sur une fresque, juste en dessous d’un cerf, un modeste rectangle. Un tracé précis mais si discret que nul n’avait pris jusqu’à présent la mesure de tout ce qu’implique sa présence au sein de la grotte de Lascaux, peinte il y a environ 21 000 ans. Or Stanislas Dehaene propose une thèse vertigineuse : bien avant l’apparition des nombres et du langage articulé, l’humanité naissante savait déjà voir. Non pas seulement distinguer des choses et reproduire des silhouettes, mais percevoir des formes, car le rectangle de Lascaux n’est pas une imitation du réel mais il en est l’abstraction, produite par un esprit capable d’isoler une structure, de représenter symboliquement et de composer un concept.

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