L'homme qui se prenait pour Napoléon : Pour une histoire politique de la folie - Prix Femina essai 2011

Une recension de Mathilde Lequin, publié le

Charenton, 1831. « Il nous apprend qu’il est empereur des Français, riche à millions, que Louis Philippe est son chancelier »… Des cas comme celui-ci, les archives des asiles psychiatriques du XIXe siècle en regorgent. Tissant dans L’homme qui se prenait pour Napoléon une « histoire politique de la folie », Laure Murat montre comment cette dernière se nourrit de la « folie de l’Histoire » : la hantise de « perdre la tête », suite aux ravages de la guillotine, illustre de manière frappante cette articulation de l’idéologique et du pathologique. C’est que « le délire, rempart du sujet contre son propre effondrement, a beaucoup à nous dire sur la violence politique » : « Le fou serait-il, par essence, l’opposant ? Ou est-ce l’opposant qui est systématiquement considéré comme un fou ? » À méditer dans une époque marquée, selon l’auteur, par une politique régressive dans le domaine de la santé mentale.

Sur le même sujet
Article
1 min

Paul Veyne remporte ce lundi le Prix Femina de l'essai pour “Et dans l’éternité je ne m’ennuierai pas”, paru aux éditions Albin Michel.


Article
1 min
Cédric Enjalbert

Tobie Nathan, chroniqueur à Philosophie magazine, est le lauréat du prix Femina 2012 de l’essai, pour Ethno-roman. Entrelaçant le récit de sa vie d’intellectuel et de diplomate né en Égypte, avec le récit de l’aventure de l’ethnopsychiatrie, cette…




Article
10 min
Ariane Nicolas

De son œuvre, seuls les contes sont généralement cités et étudiés, plutôt en littérature. Pourtant, l’auteur de Candide s’est aussi intéressé aux…

Et si l’on prenait Voltaire au sérieux ?