Notre livre de 2019 : “Rupture(s)”, de Claire Marin

Une recension de Clara Degiovanni, publié le

C’est un essai à offrir à tous les cœurs brisés. Non parce qu’il promet monts et merveilles, annonçant que la rupture a des vertus réparatrices, voire bienfaisantes. Mais plutôt, au contraire, parce que Marin plonge dans la « déflagration de la rupture », sans euphémiser le chagrin qu’elle cause. Loin de se cantonner à la rupture amoureuse, la philosophe propose une véritable « traversée de la nuit », évoquant les séparations ou déchirements liés à des deuils, des maladies, des catastrophes. Si la rupture est un nœud existentiel des plus douloureux, c’est parce qu’elle s’en prend souvent à notre propre identité, qui « vacille », au point parfois de s’annihiler. Mais, au creux même de ces bouleversements gisent parfois des forces inattendues. La rupture peut, par exemple, laisser une marque dans « la force archaïque du désir », impliquant une sexualité « plus intense », qui porte en elle « la mémoire de la démolition ». Si ces déchirements ne permettent jamais de retour à l’état initial, ils peuvent parfois devenir le « point de départ d’un recommencement ». 

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