Notre livre de 2020 : “Manières d’être vivant”, de Baptiste Morizot

Une recension de Michel Eltchaninoff, publié le

En ce mois de février 2020, au moment où la pandémie de Covid s’apprête à engloutir la planète et où se manifestent des liens inattendus entre des pangolins chinois, un virus mutant et des humains incrédules, ce livre transforme notre vocabulaire, donc notre vision du monde. Le philosophe qui aime pister les panthères des neiges, les ours ou les loups dans leurs milieux naturels, brise les barrières artificielles qui nous séparent, en accord avec toute une tradition métaphysique et religieuse, de tous les autres vivants, animaux ou végétaux. Il déplore que nous, « primates sociaux obnubilés par leurs congénères », choisissions de ne rien voir « de ce qui se [trame] de vivant dans un lieu ». Il y a tout un monde dans un jardin ! Ce que nous appelions auparavant la nature n’est ni un décor, ni un réservoir de ressources, ni un lieu pour se ressourcer. Nous partageons avec les vivants une « condition vitale universelle ». Il faut donc apprendre à nous décentrer et à inventer un partage de nos vies avec eux, afin de mettre en place une « diplomatie » et même une politique communes. 

Cet article est réservé aux abonnés
Sur le même sujet





Dialogue
10 min
Philippe Nassif

L’amour est un jeu de hasard, croit-on. Vraiment ? Quid des déterminations de classe qui président à nos choix ? Entre sentiment d’une rencontre à…

Baptiste Morizot, Michel Bozon. L’amour flou

Le fil
3 min
Hannah Attar

En bande organisée a été le tube entêtant de cet été si particulier, passé à arpenter les rues des plus ou moins grandes villes de France – et notamment…

Jul et Baptiste Morizot en bande organisée