Philosophie du blues : Une éthique de l'errance solitaire

Une recension de Philippe Nassif, publié le

C’est un secret du temps présent qui, telle la lettre volée d’Edgar Poe, est pourtant devant notre nez. Le blues, cette musique de vagabonds noirs se lançant sur les routes américaines pour fuir la ségrégation, s’est imposé, à travers ses déclinaisons rock ou hip-hop, comme le premier folklore véritablement mondial. Car, démontre Philippe Paraire, le blues témoigne d’un mode de vie qui est devenu notre lot commun, « une éthique de l’errance solitaire » qui est aussi un cheminement vers soi. Commentant les textes, ressuscitant les légendes, analysant la musique, l’auteur décrypte les motifs de l’errance intérieure, sexuelle, sentimentale, géographique, sociale ou addictive qui font écho à la vie des jeunes générations « possédées de l’intérieur par l’idée de l’évasion ». Et il éclaire d’une lumière bleutée la pulsation tragique qui anime la vie à l’ère du capitalisme tardif. 

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